02/04/2005

Quelque peu...

A cette heure où plus aucun train n'arrive ni ne part. Je contemple les quais, les affichages déserts.
Tu sembles être là. Assise sur ce banc au milieu du quai central.
Tes jambes se croisent, se font et se défont.
Tu sembles n'attendre personne. Tu es gardienne du temps.
Si tu dis quelque chose. Alors je te répondrais que moi aussi je n'attends personne d'autre que toi. Je te rappelearis qu'il y a des rencontres qui ne dépendent que du hasard, et qui n'ont besoin d'aucun arrangement préalable pour se réaliser.

Peut-être

Peut-être n'était-ce pas le lieu idéal
Peut-être, si la pluie avait frappé le sol
Peut-être mes mots auraient été plus nets, plus limpides.
Ce que je sais c'est que cette soirée s'est achevée plus vite, trop vite.
Ainsi la faute en incombe au temps.
"Excuse à l'anglaise" me diriez-vous.
Je ne sais pas, de fait, ce qu'il a effacé...
Ni si vos yeux me fixaient ce soir là, tant que la pluie ne tombait pas.

01/04/2005

Etoile

Des voyages, du mal, j'ai envie de revenir à ta voix, à vos mains.
Au feu interrompant de ses baisers l'automne, à la circulation de la nuit dans le ciel.
J'exige de revenir à votre regard, à votre timidité passagère, à votre expérience partagée.
Revenons sur nos mots, nos amours déchues, les pays imaginaires.
Pour cela je joue votre valse, notre musique inventée aux creux des verres de la Closerie, jusqu'à ce qu'en songeant s'incline enfin ma tête.
Tout le mauvais sommeil de ma vie a tressé cette douce étoffe où vivent et volent vos mains en veillant sur ma nuit, voyageuse endormie.

30/03/2005

Autoportrait

Je change d'idée
A suivre le matin
Le fil de tes courbes
A suivre tes jambes tes mains tes yeux

Je change d'idée
Tu passes dans la rue
Dans un ouragan de soleil
Je te rencontre, je m'arrête sur cette place
qui portera désormais nos noms

Je change d'idée
Tu ris tu joues tu danses
Et curieuse, un désert se peuplerait pour toi

Philosophe, je change d'idée toujours...
Tu passes la tête, la mer nous attend
Toutes les merveilles du monde dans tes mains

Mouvement

Lorsque nous nous regardons,
À livre ouvert
Le jour entre deux arbres
Entre nos mains rayonnantes,
Nous n’avons qu’une bouche
À fleur de notre amour
Nous garderons pour cet été
La résistance de l’enfance
La nudité de la verdure
Nos regards partagés et croisés
Dans l’ombre, je remue à peine
Assez pour dessiner le ciel
Assez pour demander aux oiseaux du plaisir
De repasser en septembre
Pour vingt poèmes d’amour
Ni d’hier ni d’aujourd’hui
Un mouvement de couleurs
Une lumière foudroyante

28/03/2005

Passé

Amour, de grain en grain, de planète en planète...
C'est le filet du vent et ses sombres souvenirs de pays anciens...
Tour à tour le jour et la nuit s'embrase du passé.
Il nous faut survivre
Nous posons nos bagages.
Oui nous sommes allées d'îles en îles, de ponts en ponts, de villes en villes.
Violons d'automne fugace, parfois accablé de fatigue.
Puis face à la mer, horizon d'hiver
Nous savons que de sa leçon de pleurs, la douleur nous a déjà figé et nous figera encore
Nous posons nos lourds, trop lourds bagages
Et la joie multiplie les instants
Et monte l'amour avec les droits de la rosée